Dangerous Women partie 1 (collectif)

Anthologie de nouvelles rassemblées par George R.R. Martin et Gardner Dozois autour du thème de la femme dangereuse, parue en décembre 2013. L’ouvrage a reçu le prix World Fantasy de la meilleure anthologie 2014. La traduction française de Benjamin Kuntzer sera publiée en deux parties par J’ai Lu, la première partie étant composée des textes rédigés par des hommes et la seconde, par des femmes.

 

 

 

 

Présentation de l’éditeur:

Qu’elles soient héroïnes d’une bataille, souveraines d’un territoire, sorcières, muses, conspiratrices, valeureuses cavalières ou intrigantes de cour, toutes les femmes que vous rencontrerez dans ces nouvelles ont un point commun : elles sont dangereuses…
George R. R. Martin a convoqué les plus grands auteurs de fantastique autour de ce concept, tout en l’agrémentant d’une touche personnelle et inédite : la Danse des Dragons !
Vous saurez tout de la guerre civile qui a fait rage au sein de la maison Targaryen, provoquant ainsi la quasi-disparition de leurs créatures de feu…

 

Ce que j’en pense:

Comme dans tout recueil de nouvelles, il y a du bon et du moins bon, du long et du court, et surtout ici, on rencontre plusieurs genres, ce qui fait qu’il y en a pour tous les goûts, même si la fantasy et le fantastique prédominent.

L’ouvrage s’ouvre sur Desperada de Joe Abercrombie (Some Desperado), qui fait partie de mes préférées. Ambiance western, et une héroïne qui utilise ses méninges pour survivre, une rebelle dont la tête est mise à prix et qui m’a beaucoup plu.

Vient ensuite Cocktail explosif de Jim Butcher (Bombshells). Ici, on est en présence de fantasy urbaine. Molly, la narratrice, est une sorcière qui va s’introduire dans un bâtiment pour y sauver un vampire. L’histoire est sympa et prenante, cependant, située dans l’univers de la série de romans Les Dossiers Dresden, j’ai eu tout du long la sensation qu’il me manquait des informations, sensation qui a un peu gâché ma lecture.

Dans Catcher Jésus de Joe R. Lansdale (Wrestling Jesus), la femme, bien qu’ayant un rôle primordial dans l’intrigue, n’apparaît que comme un personnage secondaire. C’est sur son existence que repose l’histoire de ces catcheurs qui vont s’affronter toute leur vie durant, juste pour les yeux de la belle qui les a ensorcelés. J’ai beaucoup aimé ce texte qui, à sa façon, traite de relation toxique et du pouvoir de l’auto-persuasion.

Je sais comment les choisir de Lawrence Block (I Know How to Pick ’Em) est un récit policier. Femme fatale et mère abusive se croisent ici sous un regard masculin. Un texte qui fait froid dans le dos!

Des ombres pour Silence dans les forêts de l’Enfer de Brandon Sanderson (Shadows for Silence in the Forests of Hell) est un texte de Fantasy, et rejoint Desperada dans mes chouchous de cette anthologie. Des créatures surnaturelles qui hantent les bois, et qui s’attaquent à l’imprudent qui ne suit pas certaines règles élémentaires, une aubergiste qui devient chasseuse de primes la nuit pour subsister. Sous la plume de Sanderson, l’ambiance sombre, la sensation de danger permanent, sont un régal! Silence, la figure féminine de cette nouvelle, a quelques secrets que j’ai aimé découvrir au fil du texte.

Un peu de magie avec La fille du miroir de Lev Grossman (The Girl in the Mirror). Des élèves magiciens, un château avec des passages secrets, d’étranges apparitions, un peu plus et on se croirait à Poudlard avec Harry, Ron et Hermione! Un bon moment lecture, mais rien d’inoubliable.

Annoncer la sentence de Stephen Michael Stirling (Pronouncing Doom) plonge le lecteur dans un monde post-apocalyptique, où plus aucune machine ne fonctionne. Un retour à l’Amérique des pionniers, avec la mise en place de communautés et de tribunaux itinérants. La figure féminine suivie ici est la juge, qui va devoir prononcer une sentence et son exécution. Un texte légèrement au-dessus du précédent.

Nommer la bête de Sam Sykes (Name the Beast) est le récit qui m’a le moins plu de cette anthologie. J’ai dû passer à côté de quelque chose avec ce texte, parce que j’ai été très longtemps perdue, ne sachant pas si je suivais la bête ou ses victimes. Il y a des changements de point de vue que j’ai compris, mais d’autres absolument pas, ne sachant pas de qui il était question. Bref, pour moi, une déception…

Enfin… La Princesse et la Reine, ou les Noirs et les Verts de George R.R. Martin (The Princess and the Queen). Le meilleur pour la fin, comme on dit! Et bien que talonnée de très près par les textes de Joe Abercrombie et Brandon Sanderson dans mon appréciation, c’est le meilleur récit de cette anthologie. Ici, Martin reste dans l’univers de A Song of Fire and Ice, autrement connu sous Le trône de Fer, et nous présente des événements ayant eu lieu 200 ans avant sa célèbre saga, que je n’ai pas encore lue. Ne connaissant la plume de Martin que par les textes que j’ai découverts dans Wild Cards, une autre anthologie qu’il a dirigée, j’avoue que j’avais quelques appréhensions, sachant la multitude de personnages qui peuplent Westeros. Je craignais d’être perdue dans les relations que chacun entretient, de confondre les noms et de perdre le fil. Et bien non. J’ai rapidement été happée dans cette nouvelle qui oppose deux femmes: la princesse Rhaenyra et sa belle-mère, la reine Alicent. Toutes deux revendiquent leur légitimité à accéder au Trône de Fer, la première pour elle-même, la seconde pour son fils aîné. Un terrible conflit va éclater, la danse des dragons, mettant Westeros tout entier à feu et à sang. Alliances, complots, trahisons, sacrifices et actes de bravoure, on retrouve tout cela dans ce texte très vivant, au rythme haletant et où l’auteur n’hésite pas à dire les choses crûment.

Dans l’ensemble, une anthologie plutôt homogène, avec une seule véritable déception pour moi. Des textes divers pour varier les plaisirs et une vraie bonne idée de mettre les femmes en avant, de montrer qu’elles peuvent être aussi débrouillardes, intelligentes, fortes que les hommes. Et si elles semblent dangereuses à certains, c’est peut-être finalement parce qu’elles leur sont supérieures 😉

 

 

 

Édition présentée: France Loisirs (janvier 2017). Titre original: Dangerous Women. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Benjamin Kuntzer. ISBN/EAN13 J’ai Lu: 9782290105917.

 


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