La femme en vert (Arnaldur Indridason)

Roman de l’islandais Arnaldur Indridason ( 28/01/1961 –  ) publié en 2001. La traduction française d’Éric Boury paraît en 2006 aux éditions Métailié.

 

 

 

 

Présentation de l’éditeur:

Dans une banlieue de Reykjavik, au cours d’une fête d’anniversaire, un bébé mâchouille un objet qui se révèle être un os humain.

Le commissaire Erlendur et son équipe arrivent et découvrent sur un chantier un squelette enterré là, soixante ans auparavant. Cette même nuit, Eva, la fille d’Erlendur, appelle son père au secours sans avoir le temps de lui dire où elle est. Il la retrouve à grand-peine dans le coma et enceinte. Erlendur va tous les jours à l’hôpital rendre visite à sa fille inconsciente et, sur les conseils du médecin, lui parle, il lui raconte son enfance de petit paysan et la raison de son horreur des disparitions.

L’enquête nous est livrée en pointillé dans un magnifique récit, violent et émouvant. Une femme victime d’un mari cruel qui la bat, menace ses enfants et la pousse à bout.

Un Indridason grand cru!

Ce que j’en pense:

Une nouvelle fois, Arnaldur Indridason nous livre un roman prenant. Ici, il nous plonge dans une enquête qui explore le thème des violences conjugales, qu’elles soient physiques ou psychologiques. À qui appartient ce squelette enterré là depuis soixante ans? Tout en parlant de l’histoire islandaise et de son occupation anglaise puis américaine durant la Seconde Guerre Mondiale, l’auteur met en parallèle l’enquête policière menée par Erlendur et ses collègues, Elinborg et Sigurdur Oli, les problèmes personnels rencontrés par Erlendur alors que sa fille se retrouve dans le coma et l’histoire de cette famille dont le mari est un tyran qui bat sa femme devant ses enfants et exerce sur eux une emprise psychologique terrible.

Parlons tout d’abord de l’enquête. En retrouvant ce squelette, les policiers doivent élucider ce que l’on appelle un cold case, un crime commis bien des années auparavant, avec la difficulté de ne plus trouver grand monde encore en vie pour les aider à résoudre cette énigme. Interrogeant les descendants, consultant les archives, Erlendur et son équipe parviennent peu à peu à reconstituer le puzzle, parfois menés sur de fausses pistes.

Mais alors que cette enquête n’en est qu’à ses premiers instants, la fille d’Erlendur l’appele à l’aide et il la retrouve dans le coma. Malgré son enquête, il parvient à passer tous les jours au chevet de sa fille, à qui il essaye de parler, comme le lui a conseillé le médecin. Depuis son apparition dans les romans d’Indridason, on sait qu’Erlendur est un homme secret, renfermé sur lui-même, et qu’un événement dans son enfance l’a laissé profondément meurtri. Et c’est son histoire qu’il va peu à peu dévoiler à sa fille, qu’il va se confier à elle alors que tous deux avaient avant le coma d’Eva Lind les plus grandes difficultés à communiquer. Le lecteur mesure, lors de cette confession, toute la culpabilité qu’Erlendur s’est imposé durant toutes ces années.

Enfin, par d’habiles flash-back, l’auteur nous plonge dans le quotidien glaçant, terrifiant, éprouvant de cette famille tyrannisée par le mari violent. Sans jamais verser dans des descriptions poussées, Arnaldur Indridason parvient cependant à nous rendre cette atmosphère étouffante de violence gratuite, d’insultes injustifiées, d’emprise psychologique, de domination physique par les coups.

Avec beaucoup de pudeur, l’auteur islandais nous dresse un tableau sombre de son pays en mettant en avant les violences conjugales et les ravages de la drogue par le biais de la fille d’Erlendur. Le travail d’enquête, de souvenir suit plusieurs pistes, comme toute enquête classique et on y découvre des secrets de famille, des réponses à des intrigues secondaires. En refermant l’ouvrage, le lecteur n’a plus aucune question. Sauf une. Que va-t-il arriver maintenant à Erlendur et sa fille. Le style est agréable et l’on suit les destins de tous les personnages avec plaisir.

Un très bon divertissement malgré le thème difficile abordé.

Édition présentée: Métailié (03/02/2006). Titre original: Grafarþögn. Traduit de l’islandais par Eric Boury. ISBN/EAN13: 978-2-86424-624-4. Roman également disponible au format numérique.

 

 

Lecture faite dans le cadre du challenge 12 titres en 2018


Une réflexion sur “La femme en vert (Arnaldur Indridason)

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