Prédateurs (Maxime Chattam)

Roman publié par le français Maxime Chattam (19/02/1976 –  ) le 4 avril 2007 aux éditions Albin Michel. Il fait partie du Cycle de l’Homme et de la Vérité.

 

 

 

 

Présentation de l’éditeur:

Une guerre sans nom. Le débarquement libérateur est imminent. Parmi les soldats, la tension est extrême. Mais cela ne peut suffire à expliquer le crime abominable découvert sur l’un des navires alliés : un homme a été retrouvé pendu à un croc de boucherie, la tête remplacée par celle d’un bélier. Le lieutenant Frewin de la Police militaire en est convaincu : c’est l’œuvre d’un tueur redoutable qui jouit de la souffrance qu’il inflige. Malgré le déclenchement de l’offensive, les meurtres se poursuivent avec un raffinement croissant dans l’horreur. Frewin oriente alors son enquête vers la 3e section de la compagnie Raven, des durs qui forment un cercle très spécial…

 

Ce que j’en pense:

Avec ce roman, Maxime Chattam plonge une nouvelle fois son lecteur dans la noirceur de l’âme humaine. Sur fond de guerre, situation déjà pleine d’horreurs en tout genre, l’auteur y ajoute des assassinats particulièrement sordides, comme si en ouvrant le conflit, cela avait ouvert en même temps les verrous d’une malle contenant une créature assoiffée de sang et de vengeance, un être sans morale, répondant à ses seules pulsions bestiales, primaires.

C’est la guerre. Laquelle? Nous ne le savons pas. À aucun moment, Chattam ne nous donne le moindre indice. Nous n’avons aucun repère temporel, aucun indice géographique, comme pour mieux souligner l’universalité, l’intemporalité de la noirceur humaine. Craig Frewin, lieutenant de la Police Militaire, et ses hommes vont enquêter, avant même le début des hostilités face à l’ennemi dans cette guerre, sur un crime à la mise en scène particulière. Comme si le conflit n’était pas suffisant pour mettre le moral des troupes à mal, un tueur sévit parmi eux. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cet assassin a le sens du spectacle. Ses meurtres font l’objet d’une préparation méticuleuse, et montre l’intelligence de celui qui les commet. Il manipule et met à mal l’équipe de Frewin qui tente de lui mettre la main dessus en ces temps troublés.

À travers l’enquête menée par le lieutenant, à travers les déductions faites par Frewin, on découvre toute la perversité, la cruauté dont peut être capable l’Homme. Mais Frewin et ses hommes ont eux aussi leur côté sombre. Après tout, personne n’est tout blanc, en ce monde, nous avons tous quelque chose à nous reprocher, à plus ou moins grande échelle. Alliant profilage aux preuves trouvées sur les lieux des crimes, Frewin, Ann Dawson, une infirmière prête à tout pour participer à l’enquête, et les hommes de la PM vont se retrouver confrontés à leur propre noirceur, à leur propres vices, à leurs propres déviances. Et dans ce jeu de cache cache avec le tueur, les rôles de proies et de chasseurs s’inversent parfois.

Ce roman est glaçant. Il nous rappelle ce côté obscur qui sommeille en chacun de nous et qu’un rien peut lui laisser prendre le dessus sur notre humanité. Le lecteur y est manipulé par l’auteur tout autant que Frewin et son équipe le sont par le tueur. On va de certitudes en fausses pistes, et avec cette guerre en décor, la peur est omniprésente. Peur de l’ennemi dont les balles peuvent vous atteindre, peur de ne pas trouver ce meurtrier avant son prochain passage à l’acte, peur de cette part sombre présente en tout homme et femme. Les descriptions des mutilations faites aux victimes ne sont pas pour les personnes sensibles. Elles sont crues, sans filtre, pour bien donner la mesure de l’horreur de ces actes.

Un thriller vraiment prenant, percutant, à ne cependant pas mettre entre toutes les mains.

 

« La peur est le plus puissant des moteurs. 

La peur transforme les hommes. Elle peut les détruire, ou bien les rendre invulnérables. La peur dope les esprits, ou les réduits en bouillie. Elle est instrument d’asservissement, elle n’a pas de limite. Qui contrôle la peur, contrôle l’homme, voire des foules entières. » (p. 447)

 

 

« L’homme doit brider ses pulsions dans sa vie en société. Ne pas laisser libre cours à ses désirs.La colère, la peur, la rage, tout doit être canalisé. La guerre, c’est faire sauter les verrous pour tuer sans plus se poser de questions. Et irrémédiablement, les instincts primaires émergent à nouveau. On ne peut dissocier la mort de la vie, la peur du courage, la rage du désir. » (p. 561)

 

 

 

Édition présentée: Pocket (2009). ISBN/EAN13: 9782266188784. Disponible également sur support numérique et audio.

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