Le maître du haut château (Philip K. Dick)

Roman de l’américain Philip K. Dick (16/12/1928 – 02/03/1982) publié en 1962. La première traduction française de Jacques Parsons paraît en 1970.

 

 

 

 

Présentation de l’éditeur:

En 1947 avait eu lieu la capitulation des alliés devant les forces de l’axe. Cependant que Hitler avait imposé la tyrannie nazie à l’est des Etats-Unis, l’ouest avait été attribué aux japonais. Quelques années plus tard la vie avait repris son cours normal dans la zone occupée par les nippons. Ils avaient apporté avec eux l’usage du Yi-King, le livre des transformations du célèbre oracle chinois dont l’origine se perd dans la nuit des temps.

Pourtant, dans cette nouvelle civilisation une rumeur étrange vint à circuler. Un homme vivant dans un haut château, un écrivain de science-fiction, aurait écrit un ouvrage racontant la victoire des alliés en 1945…

 

Ce que j’en pense:

Imaginez une issue différente à la Seconde Guerre Mondiale, où Hitler et le Japon remportent le conflit. Imaginez le partage des États-Unis en deux, l’est revenant aux allemands qui y font régner leurs visions d’épuration raciale et l’ouest  sous le joug des japonais. C’est ce que fait ici Philip K. Dick dans cette uchronie. Il nous y expose comment se fait cette « cohabitation », les nouvelles relations établies entre occupants et occupés, les nouvelles mœurs qui se mettent en place, comme la consultation de cet étrange livre, le Yi-King, qui prend une place importante dans la vie des américains.

Dans ce roman, nous suivons plusieurs personnages. Japonais, américains, allemands, chacun permet au lecteur de comprendre cette nouvelle situation grâce à leur point de vue. Il y a par moment une forte sensation de choc de culture. Les personnages présentés n’ont pas ou peu de relations entre eux, ne se rencontrent jamais ou presque, et pourtant le récit s’articule autour d’eux. Autour d’eux, mais aussi autour d’un étrange roman, le Poids de la Sauterelle, qui raconte la victoire des Alliés, avec quelques grosses nuances cependant, devenant ainsi une uchronie dans l’uchronie. C’est habilement fait, bien que très déroutant.

Très peu d’action dans ce récit. Philip K. Dick place son lecteur davantage dans la réflexion, dans l’introspection et le laisse dans une attente étrange à la fin du roman. Impossible de savoir ce qu’il va se passer, et la dernière révélation du Yi-King, « Telle est la vérité », m’a laissée complètement perdue! Il faut dire que j’ai eu beaucoup de mal à m’immerger dans ce texte malgré le travail formidable de Bernard Gabay qui lui prête sa voix. Malgré les intonations, les accents donnés à chaque personnage, rendant le récit plus vivant, l’histoire en elle-même ne m’a pas emballée plus que ça. J’ai déjà eu beaucoup de mal à accepter le point de vue de Philip K. Dick avec cette domination par les allemands et les japonais, et je crois que c’est ça qui m’a tout gâché, tellement « conditionnée » que je suis par l’Histoire telle que nous la connaissons, telle qu’on nous la présente. Aussi, je m’interroge: n’est-ce pas justement cela que voulait faire passer l’auteur? Montrer qu’il était possible de manipuler autant les foules en leur faisant croire, en leur présentant les choses d’une certaine façon, en leur imposant une certaine vision du monde, alors qu’il en est tout autrement? Si c’est bien cela, avec le recul, c’est vachement malaisant. L’auteur nous aurait donc manipulé. Et si son livre était l’équivalent du Poids de la Sauterelle dans notre « réalité »? Et si finalement, le maître du Haut château était notre Poids de la Sauterelle à nous? C’est flippant, non? Car en fait, Dick manipule son lecteur avec ces deux « réalités », celle qu’il expose et celle du poids de la sauterelle. Peut-être son but est de nous montrer que nous sommes nous-même manipulés. N’est-ce pas effrayant? Bien entendu, cela reste très personnel comme déduction.

J’avais un avis plutôt mitigé avant la rédaction de cet article, mais je pense avoir mis le doigt sur la profondeur de ce texte en rédigeant ledit avis! Un roman plus profond donc que je ne le croyais.

 

Édition présentée: Audible studios (2018). Titre original: The Man in The High Castle. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Michelle Charrier. Roman également disponible sur support papier et numérique.

 

 

Lecture faite dans le cadre du #ClubAudible


Une réflexion sur “Le maître du haut château (Philip K. Dick)

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