Une fille, qui danse (Julian Barnes)

Roman du britannique Julian Barnes (19/01/1946 –  ), publié en 2011 sous le titre The Sense of an Ending. La traduction française de Jean-Pierre Aoustin paraît en 2013.

 

 

 

 

Présentation:

Ceux qui veulent nier le passage du temps disent : quarante ans, ce n’est rien, à cinquante ans on est dans la fleur de l’âge, la soixantaine est la nouvelle quarantaine et ainsi de suite. Je sais pour ma part qu’il y a un temps objectif, mais aussi un temps subjectif… le vrai, qui se mesure dans notre relation à la mémoire. Alors, quand cette chose étrange est arrivée, quand ces nouveaux souvenirs me sont soudain revenus, ç’a été comme si, pendant ce moment-là, le temps avait été inversé…

Comme si le fleuve avait coulé vers l’amont. Tony, la soixantaine, a pris sa retraite. Il a connu une existence assez terne, un mariage qui l’a été aussi. Autrefois il a beaucoup fréquenté Veronica, mais ils se sont éloignés l’un de l’autre. Apprenant un peu plus tard qu’elle sortait avec Adrian, le plus brillant de ses anciens condisciples de lycée et de fac, la colère et la déception lui ont fait écrire une lettre épouvantable aux deux amoureux. Peu après, il apprendra le suicide d’Adrian. Pourquoi Adrian s’est-il tué? Quarante ans plus tard, le passé va ressurgir, des souvenirs soigneusement occultés remonter à la surface – Veronica dansant un soir pour Tony, un week-end dérangeant chez ses parents à elle… Et puis, soudain, la lettre d’un notaire, un testament difficile à comprendre et finalement, la terrible vérité, qui bouleversera Tony comme chacun des lecteurs d’Une fille, qui danse.

 

 

Ce que j’en pense:

C’est un voyage dans le passé, dans la mémoire de Tony Webster, narrateur de ce récit, que nous livre Julian Barnes. Mais aussi une introspection, une sorte de remise en question. Tony, dont le premier véritable amour, Veronica, resurgit dans sa vie de manière inattendue quarante ans après leur rupture. Elle l’avait si vite remplacé en sortant avec l’un de ses meilleurs amis de lycée, Adrian. Et blessé dans son ego, Tony avait envoyé une lettre assassine aux deux amoureux. Cette lettre est-elle la, ou du moins une des raisons pour laquelle Adrian s’est suicidé?

Ce qui fait que les chemins de Tony et Veronica se recroisent est un héritage étrange que Tony reçoit de la mère de Veronica, une femme qu’il n’a vue qu’une seule fois dans sa vie: le journal intime d’Adrian. Alors le sexagénaire s’interroge sur les motivations qui justifient ce leg et le voilà qui se replonge dans ses souvenirs.

Après sa relation avec Veronica, la vie de Tony a été plutôt terne. Et à la manière dont il en parle, on sent que Veronica lui faisait un peu peur. C’est une femme intelligente, peut-être l’est-elle même davantage que Tony et que c’est une des raisons qui ont fait que, se sentant inférieur et ainsi comme menacé dans son ego de mâle dominant, il a préféré rompre.

Découvert dans la version audio lue par Théo Frilet, j’ai été vite transportée dans le récit grâce à la voix du lecteur, mais l’histoire en elle même m’a assez peu passionnée. Je n’ai pas trouvé Tony Webster sympathique. Il a un côté égocentrique qui m’a un peu agacée. Le genre de gars qui a préféré une vie pas super trépidante juste pour s’assurer de garder une certaine supériorité sur les autres, qui préfère finir sa vie seul pour continuer de s’en assurer. Il se préoccupe de ce qui a pu pousser son ami au suicide uniquement parce que Veronica le prive du journal d’Adrian dont il a hérité. Car si Adrian avait vraiment été son ami, s’il avait eu un minimum d’intérêt pour quelqu’un d’autre que lui-même, n’aurait-il pas cherché à comprendre ce qui s’était passé sur le moment?

Un récit qui n’a pas su me convaincre, mais non dépourvu d’intérêt par son côté introspectif.

 

Édition présentée: Audible Studios (02/08/2018). Titre original: The Sense of an Ending. Traduit de l’anglais par Jean-Pierre Aoustin. Lu par Théo Frilet. Durée: 4 h 59 minutes. Également disponible sur support papier et numérique.

 

Lecture faite dans le cadre de la lecture commune du #ClubAudible

 

 

 


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