Escales dans les limbes (Carl Grès)

Roman du français Carl Grès, publié en auto-édition via la plateforme Librinova le 7 Février 2018.

 

 

 

 

Présentation:

Alex Bataille est un poète de vingt-cinq ans qui a décidé de larguer les amarres pour de bon. Il est dans la ville de la Grosse Pomme lorsqu’il apprend la mort de son jeune frère dans un accident de voiture. Traumatisé, rapidement au fond du puits, il risque la noyade dans ses travers favoris : l’alcool et la drogue. Ces derniers ont vite fait de le démolir et ses nouveaux amis le jettent gentiment dans un avion pour l’outre-Atlantique.
Retour à la case départ dans un état pitoyable. Alex n’a que des dettes et des mauvais souvenirs à Lyon, ville qui le reçoit. Des loyers impayés et surtout Marianne, son grand amour déçu. Pour ne pas succomber définitivement à la fureur de ne pas vivre et aux excipients lourds en toxiques, Alex se donne une mission. Il va récupérer les cendres de son frère, et se rendre dans le désert en Espagne, pour les répandre et accomplir ainsi une vieille promesse d’enfant.
Mais une fois en ville, tout part à vau-l’eau. Il se fait expulser de son studio et commencent pour lui plusieurs jours d’errance. Il lui faut alors tirer le diable par la queue pour se payer quelques nuits d’hôtel et survivre en milieu urbain, avant de songer à son excursion dans le désert.

 

Ce que j’en pense:

Ce récit, c’est celui d’Alex Bataille, poète en pleine descente aux enfers. Plus de boulot, plus copine, plus d’appart’, plus de frère. Plus ou moins dans cet ordre, et dans un laps de temps très court, comme un acharnement du destin. Alors Alex vivote, se réfugie dans l’alcool, la drogue, et même le peu de chaleur humaine qu’il trouve dans le sexe ne lui permet pas de voir la lumière au bout du tunnel dans lequel il s’enfonce de jour en jour.

« À l’aube, je me suis éveillé avec mon sexe dans sa bouche. La pénombre dessinait l’épure d’un corps athlétique et ferme, dur comme du bois poli. Je l’ai attirée à moi pour la lécher. J’ai dû discipliner une épaisse toison broussailleuse avant de trouver sa vulve. Son clitoris était boursouflé et humectait des gouttes saumâtres tel un mollusque charnu exprimant son eau. Je l’ai léchée à pleine langue, un peu abruti par le manque de sommeil et la fatigue. Elle s’est mise à se contracter et à se convulser de plaisir, tout en me mordillant la queue. Je l’ai pénétrée avec mes doigts. L’intérieur en était granuleux et annelé comme un tuyau d’aspirateur. Je l’ai branlée avec une insistance toute mécanique. On a joui à peu près au même moment et on est restés un moment vaincus et vidés de toute énergie, la tête dans le sexe de l’autre. »

Vous l’aurez remarqué avec l’extrait ci-dessus, la narration à la première personne nous plonge dans le quotidien d’Alex de manière brute. C’est sans fard. Les pensées, le ressenti du personnage nous sont livrés sans filtre. Cela donne un récit d’une honnêteté presque dérangeante, tant tout ce que vit Alex paraît proche, réel, au lecteur. L’histoire d’Alex, c’est cette chute qui n’en finit pas, mais c’est aussi une belle histoire d’amour fraternel. En effet, c’est grâce à une promesse faite à son frère défunt que notre poète va tenir, coûte que coûte, jour après jour malgré ses déboires, le tout pour parvenir à faire son deuil. Ses escapades, ses errances sont une sorte de road trip infernal et l’on se demande comment tout cela va bien pouvoir se terminer.

Même s’il n’est pas très tendre avec les femmes (« C’était bien un truc que savaient faire les femmes de vous allumer avec leur corps de braise et de vous laisser choir dans les solitudes de l’onanisme. Il faut croire qu’elles s’étaient toutes données le mot pour nous en faire baver de ce côté-là! »), même s’il n’est pas toujours sympathique, Alex Bataille est un personnage dont la franchise fait que l’on s’y attache. Il est en fuite permanente. Il fuit le désespoir qui menace de l’engloutir à tout jamais, il fuit cette réalité dont il se voit exclu. Les rencontres qu’il fait permettent juste de le maintenir à flot. Ses choix, souvent répréhensibles, sont ceux d’un homme qui veut survivre, qui s’efforce de ne pas être trop en marge de cette société qui ne semble plus vouloir de lui. 

Avec ce récit, le lecteur prend une nouvelle fois conscience de la fragilité de sa situation. Tout peut si facilement basculer, jusqu’à nous broyer. Un style qui va droit au but, l’artifice n’a de toute façon pas sa place ici. À découvrir!

 

 

Édition présentée: Auto-édition via Librinova (Février 2018). Disponible uniquement en numérique.

 

 

 

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