La chute (Albert Camus)

Court roman du français Albert Camus (07/11/1913 – 04/01/1960), Prix Nobel de littérature en 1957, publié aux éditions Gallimard en 1956.

 

 

 

Quatrième de couverture:

Sur le pont, je passai derrière une forme penchée sur le parapet, et qui semblait regarder le fleuve. De plus près, je distinguai une mince jeune femme, habillée de noir. Entre les cheveux sombres et le col du manteau, on voyait seulement une nuque, fraîche et mouillée, à laquelle je fus sensible. Mais je poursuivis ma route, après une hésitation… J’avais déjà parcouru une cinquantaine de mètres à peu près, lorsque j’entendis le bruit, qui, malgré la distance, me parut formidable dans le silence nocturne, d’un corps qui s’abat sur l’eau. Je m’arrêtai net, mais sans me retourner. Presque aussitôt, j’entendis un cri, plusieurs fois répété, qui descendait lui aussi le fleuve, puis s’éteignit brusquement. 

 

 

Ce que j’en pense:

Ce récit est la confession de Jean-Baptiste Clamence, sur plusieurs jours, à un inconnu rencontré dans un bar d’Amsterdam. Ce juge pénitent, ancien avocat à Paris, est le seul à parler, et le lecteur n’a donc que le point de vue du narrateur, se retrouvant enfermé dans ses mots, ses pensées, ce qui donne une certaine sensation de malaise.

La chute, c’est celle de cet homme dont les jeunes années n’ont été que gloire, réussite, alors même qu’il ne pensait qu’à lui, ne faisait attention qu’à lui. Un égocentrique, un peu mégalomane, je suis même tentée de le qualifier de narcissique. Et sa chute commence lorsqu’un soir, son chemin croise celui d’une femme qui tombe dans la Seine alors qu’il vient de la dépasser. Il ne fera rien pour tenter de la sauver. Peu à peu, la chute de cette femme va le pousser à se remettre en question. Ses actions passées vont le dégoûter au point qu’il va tout faire pour se détacher de celui qu’il était. Les nuits d’ivresse et de luxure seront une tentative pour y parvenir.

Cette confession s’avère devenir une sorte de miroir, qui montre ainsi à son interlocuteur ses propres défauts, qui le mène à porter un jugement sur lui-même et sur les autres.  C’est aussi un portrait bien sombre de l’humanité.

Un classique que je redécouvre avec l’éclairage de l’âge adulte. Comme bien d’autres, j’étais trop jeune la première fois que j’ai lu ce roman pour en apprécier vraiment la valeur.

 

 

Édition présentée: Folio (1997). ISBN/EAN13: 9782070360109. Disponible sur support papier et numérique.

 

Lecture faite dans le cadre du #ReadingClassicsChallenge2018 organisé par Lilly 

 

 

 

 

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