Frankenstein (Mary Shelley)

Frankenstein ou le Prométhée moderne est un roman de l’anglaise Mary Shelley (30/08/1797 – 01/02/1851), rédigé en 1816 et publié en 1818. La première édition française est parue en 1821.

 

 

 

Quatrième de couverture:

« J’assistais à chacune des phases de la dégradation de la superbe forme de l’homme; je voyais la corruption de la mort succéder à la fraîcheur de la vie… Puis soudain au milieu de ces ténèbres surgit une lumière si brillante, si merveilleuse et pourtant si simple que je m’étonne d’être le seul à découvrir un secret aussi sidérant… Après des jours et des nuits d’un labeur intensif et épuisant, je perçai le secret de la création de la vie. Mieux encore, je devins moi-même capable d’animer la matière inerte. »

Frankenstein, le chef-d’oeuvre de la littérature fantastique. Tragique destin d’un savant qui se brûle au feu de Prométhée: un monstre naîtra de son orgueil à prétendre rivaliser avec les lois de la nature. 

 

 

Ce que j’en pense:

Ce roman fait partie des grands classiques de la littérature, et notons au passage que Mary Shelley l’a rédigé à l’âge de 18 ans. Comme quoi, le talent, ça se travaille, mais en avoir un peu à la base, ça aide pas mal!

Ce roman est du genre épistolaire, où les récits s’imbriquent les uns dans les autres version poupées russes: le point de départ de l’histoire, ce sont les lettres de Robert Walton, en exploration maritime vers le Pôle Nord, correspondance dans laquelle vient s’inviter le récit de Victor Frankenstein, dans lequel on suit également le point de vue de la créature. L’avantage de ces récits enchâssés, c’est qu’ils permettent d’obtenir les points de vue de Frankenstein et de sa créature, cela permet au lecteur d’avoir toutes les données du problème, et de pouvoir prendre le parti de l’un ou de l’autre.

Victor Frankenstein raconte son histoire, sa vie dans une famille aisée, et son besoin presque maladif d’étudier. C’est à Ingolstadt, alors qu’il est étudiant, qu’il se met à jouer au savant fou et donne vie à sa créature. Et quand celle-ci s’anime enfin, il prend soudain conscience de la dimension contre-nature de son expérience. Tant qu’il ne s’agissait que d’un tas de chairs en décomposition à assembler tout allait bien, mais dès que ce puzzle humain prend vie, il réalise. Comment n’a-t-il pas pu penser avant aux conséquences de ses expériences? Par orgueil. Trop fier d’avoir découvert quelque chose d’inédit, il a foncé tête baissée. Et après? Figurez-vous que ce cher Victor se lamente du tournant désastreux que prend son expérience. Le pauvre! Il a créé une créature immonde qui sème le malheur et la destruction dans la famille Frankenstein! Parce que oui, Victor est très fort pour se poser en victime, alors que c’est lui qui est à l’origine de tous ces malheurs. Et à cause de toutes ses pleurnicheries, son apitoiement, il ne m’est paru que comme un lâche, incapable d’assumer ses actes, aussi monstrueux soient-ils. Lors d’un face à face avec son ignoble créature, celle-ci va lui exposer comment elle a dû faire face à ce monde où il l’a fait naître. Durant le récit de la créature, on apprend que tout ce qu’elle souhaite, c’est partager, échanger avec les autres, les aider, pour ne plus être seule. Parce que la solitude lui pèse énormément. Malgré tous ses efforts, les gens la repoussent, horrifiés par son apparence. Alors elle décide de se venger sur la source de ses souffrances: son créateur. Celui-ci passe son temps à se plaindre d’un malheur dont il est le seul responsable, pendant que sa créature tente de se fondre dans le paysage et de se faire accepter. La créature, condamnée à une existence solitaire, rejetée parce qu’elle est différente, fait en sorte que son créateur partage sa souffrance, sa douleur. On en vient à aimer ce personnage, qui est la douceur, la générosité incarnée, mais qui pour son plus grand malheur est moche, hideuse et cette différence l’empêche d’être acceptée. Alors, meurtrie non dans sa chair, mais dans son cœur, elle bascule du côté obscur. Pourtant, jusqu’à la fin, son bon côté sera toujours là.

La relation entre créateur et créature n’est que souffrance, douleur, vengeance. Et pourtant, l’un ne peut vivre sans l’autre, car, autant pour l’un que pour l’autre, la raison finale de vivre, c’est de faire souffrir l’autre. Tant que les deux vivent, aucun ne connaîtra le repos. Mais cette haine qu’ils se vouent, de manière presque viscérale, c’est de l’amour! L’amour d’un enfant sensible et intelligent abandonné par son père, l’amour d’un père déçu par son fils, mais en proie à une culpabilité immense et qui veut rattraper les choses. La créature n’aura de cesse d’attirer l’attention de Frankenstein, et celui-ci n’aura de cesse de la poursuivre pour mettre un terme à ses tourments. Grâce, ou à cause selon le point de vue, de mon esprit tordu, cette histoire m’a fait penser à Roméo et Juliette: comme les amants de Vérone, Frankenstein et sa créature ne vivent que l’un pour l’autre, chacun habite les pensées de l’autre en permanence. Mais surtout, comme pour les héros shakespeariens, seule la mort peut les délivrer. La créature, dégoûtée d’elle-même à cause des crimes qu’elle a commis ne peut plus vivre si son créateur n’est plus, tout comme Frankenstein, rongé par la culpabilité, ne survivrait pas longtemps à sa créature si celle-ci venait à mourir. C’est le traitement de cette relation entre créateur et créature qui a le plus retenu mon attention dans ce roman, et qui me l’a rendu si beau par son côté tragique.

Un classique que je relirai sûrement!

 

Édition présentée: Éditions du Rocher (décembre 1994). Titre original: Frankenstein, or the Modern Prometheus. Traduit de l’anglais par Paul Couturiau. ISBN/EAN13: 9782268019185. Ce roman est disponible en numérique gratuitement car libre de droits. Également disponible au format audio.

 

Lecture faite dans le cadre d’une lecture commune avec Alec et Isa. Merci les filles de m’avoir fait sortir ce roman de sur son étagère! 

 

 

Pour aller plus loin:

Ce classique a fait l’objet de nombreuses adaptations, qu’elles soient théâtrales, cinématographiques ou télévisuelles. Il a également été adapté en bandes dessinées et en manga. Pour les références, je vous renvoie à l’article de Wikipedia.

 

Voici la bande annonce de l’adaptation de Francis Ford Coppola, prise au hasard:

 

 

 

 

 

 

 

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7 réflexions sur “Frankenstein (Mary Shelley)

    1. Pourtant, Frankenstein est vraiment pénible! Je dois avoir plus de patience, peut-être! En tout cas, je suis ravie d’avoir fait cette lecture avec Isa et toi! ça motive toujours quand on est plusieurs!

  1. Je suis bien contente que tu aies aimé. En effet, Frankestein est clairement un sale type, qui n’assume pas ses actes. C’est un livre qui est aussi très connu pour ses descriptions de la nature, et notamment de la montagne, de la mer de glace, parce que ce n’était pas des décors courants en littérature à l’époque. Et 18 ans ! Ça en impose.

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