Le lagon noir (Arnaldur Indridason)

Publié en 2014 par l’islandais Arnaldur Indridason ( 28/01/1961 –  ) sous le titre Kamp Knox. La traduction française d’Eric Boury est paru en 2016 aux éditions Métailié.

 

 

   

 

Présentation de l’éditeur:

Reykjavik, 1979. Le corps d‘un homme est repêché dans ce qui va devenir le lagon bleu. Il s’agit d’un ingénieur employé à la base américaine de l’aéroport de Keflavik. Dans l’atmosphère de la guerre froide, l’attention de la police s’oriente vers de mystérieux vols effectués entre le Groenland et l’Islande. Les autorités américaines ne sont pas prêtes à coopérer et font même tout ce qui est en leur pouvoir pour empêcher la police islandaise de faire son travail. Dans un climat de tension, conscients des risques qu’ils prennent, Erlendur et Marion Briem poursuivent leur enquête avec l’aide d’une jeune femme noire, officier de la base.

Le jeune inspecteur Erlendur vient d’entrer à la brigade d’enquêtes criminelles, il est curieux, passionné par son métier, soucieux des autres, mais il ne cache pas son opposition à la présence américaine sur le sol islandais.

En parallèle, il travaille sur une vieille affaire non résolue. Une jeune fille disparue sur le chemin de l’école quarante ans plus tôt, à l’époque où la modernité arrivait clandestinement dans l’île, portée par les disques de rock et les jeans venus de la base américaine.

Indridason construit un univers particulier, une atmosphère pénétrante et sans nostalgie, un personnage littéraire de plus en plus complexe, et  le roman noir, efficace, est transformé par la littérature.

 

Ce que j’en pense:

Je n’avais encore jamais lu de polar islandais! Il était temps que je mette fin à cette lacune et voilà qui est fait. Et d’admirable manière. Présentant deux enquêtes, l’une sur un fait récent, l’autre étant un cold case, une disparition vieille de 25 ans et qui n’a jamais été résolue. Oui, je sais, la quatrième de couverture parle de quarante ans, mais il s’agit d’une erreur. En effet, Dagbjört disparaît en période de Guerre Froide, et l’action du récit se situe en 1979. Il ne peut donc pas y avoir 40 ans entre les deux. Sauf si l’éditeur prend pour référence l’année d’édition et non l’année où se déroule le récit, et personnellement, j’aurais davantage tendance à me positionner par rapport au récit que par rapport à la date de publication. De plus, il est dit page 25: « Elle avait disparu un matin, il y avait maintenant vingt-cinq ans ».  Bon, personne n’est parfait, hein! Donc, ces deux enquêtes sont menées en parallèle, et elles permettent à l’auteur de nous présenter deux périodes de son pays. Alors que la Guerre Froide bat son plein, l’Islande manque de tout, affaiblie par le conflit mondial qui vient de se terminer, et le pays semble oublié de tous les autres, livré à lui-même. A la fin des années 70, l’économie va mieux, mais la présence de troupes américaines n’est pas toujours bien perçue par les islandais et les militaires vivent entre eux sur la base.

Au-delà des enquêtes, qui sont menés de telles manières qu’il est difficile de lâcher le livre avant la fin, il y a ces descriptions de ce pays aux grandes plaines dépeuplées, aux paysages volcaniques et au climat rude. Alors que le vent froid balaie les landes, il se dégage une grande chaleur humaine des personnages, faisant presque oublier la nature hostile de cette île aux nombreux geysers. Et alors que l’intrigue se déroule en 1979, le lecteur se laisse emporter dans une époque où il n’y avait pas de téléphones portables pour communiquer, ajoutant de la difficulté aux déroulements des enquêtes. Erlendur est un personnage torturé par la disparition de son frère alors qu’ils n’étaient que des enfants, et cet événement a fait de lui cet homme un peu distant, solitaire. Cet isolement qu’il semble s’imposer le rend fragile aux yeux du lecteur et la retenue dont il fait preuve dans ses échanges donne envie de juste le regarder dans les yeux et de lui sourire pour lui montrer notre soutien.

Un roman policier agréable, qui fait voyager dans le temps et l’espace, et qui exploite le thème de la disparition du point de vue de ceux qui restent, entre culpabilité et volonté de comprendre. Le premier récit islandais d’une longue série tant j’ai été charmée par le fond et la forme.

 

Édition présentée: Métailié (2016, collection Métailié Noir). Titre original: Kamp Knox. Traduit de l’islandais par Eric Boury. ISBN/EAN13 papier: 9791022604192. ISBN/EAN13 numérique: 9791022604574. Disponible également en format audio.

 

 

 

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