Chasseur de noirs (Daniel Vaxelaire)

Premier roman de l’écrivain et historien français Daniel Vaxelaire (02/12/1948 –   ), publié en 1982. L’ouvrage a fait l’objet de plusieurs rééditions.

 

 

 

Présentation de l’éditeur:

« Je ne sais pas si je vais prier, tout à l’heure, quand j’aurai définitivement fermé cet encrier dans lequel je puise depuis quatre mois. Il ne me reste plus que quelques heures avant l’aube, avant que les pas du bourreau ne résonnent dans le couloir. 

C’est encore bien trop long quand on a peur. »

 

Chasseur de Noirs évoque le plus sanglant épisode de l’histoire de La Réunion : la sauvage traque aux esclaves fugitifs, qui a ensanglanté les montagnes de l’île à l’époque de La Bourdonnais.

Cet ouvrage, dont la première publication date de 1982, a fait l’objet de nombreuses rééditions totalisant plus de 40 000 exemplaires. 

 

 

Ce que j’en pense:

« Je me nomme Guillaume Brancher, fils d’Alexandre Brancher, colon de l’île Bourbon, et de Marie Mirel.

J’ai vingt-cinq ans et je sais que je vais mourir. »

Ainsi commence ce roman. Rédigé comme une confession, ce récit va nous exposer les origines familiales sur l’île du narrateur, et les débuts de l’esclavage. Au fil de son histoire, Guillaume nous montre comment l’esclavage a dérivé vers une domination violente. Les noirs refusant de se soumettre fuient dans les montagnes et deviennent des marrons, qui vivent du mieux qu’ils peuvent à l’abri des hauteurs sauvages. Guillaume rêvait d’aventures, de voyages, mais restera sur l’île, retenu par un mariage malheureux dans une vie de cultivateur qu’il n’aime pas. Il va voir dans la chasse aux marrons un moyen de s’échapper de ce quotidien qui lui pèse et dans lequel il n’a pas l’impression d’être à sa place. Il devient le meilleur chasseur de l’île, mais peu à peu, ses convictions s’étiolent et les événements vont faire de lui un marron. Durant cette période où il vivra parmi les noirs, il va se mettre à rêver d’une société plus juste. Malheureusement pour lui, ses idées seront trop en avance sur son temps. Jugé pour trahison, il sera pendu, comme les noirs marrons qu’il avait lui-même fait prisonnier lors de ses chasses.

Reposant sur des textes d’archives, c’est un pan de l’histoire coloniale dont on ne parle que très rarement qui est exposé dans ces pages et Daniel Vaxelaire met tout ceci en lumière de manière agréable, captivante. Malgré le message d’ouverture d’esprit que tente de faire passer Guillaume Brancher, on le sent aussi pessimiste.

« -Peut-être n’y aura-t-il plus d’esclavage, un jour, rêvait l’autre jour Angélique.

Innocente: si cette forme disparaît, les hommes en inventeront d’autres. Il est si universel et si ancien, le jeu de la domination… » (p.97)

Ce roman m’a absolument fascinée. J’avoue que je ne connaissais pas du tout cet épisode de notre Histoire, comme probablement beaucoup d’autres. C’est effrayant comme il est si facile de passer sous silence des choses dont on pourrait avoir honte afin que le collectif les oublie. Heureusement que des personnes comme Daniel Vaxelaire sont là pour veiller au devoir de mémoire.

Un grand merci à Marie-Jeanne qui m’a fait parvenir ce roman de La Réunion et qui m’a permis de combler mon inculture grâce à ce roman intense et simple à la fois, passionnant, émouvant tant il sonne vrai.

 

Édition présentée: Orphie (2015). ISBN/EAN13: 9782877638821

 

 

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