La Femme d’un dieu, l’histoire oubliée d’un amour impossible (Christine Machureau)

Roman de la française Christine Machureau, publié le 17 Janvier 2017 aux éditions Numeriklivres.

 

 

 

 

 

Présentation de l’éditeur:

Prostituée, putain, pécheresse, pénitente… que n’a-t-on dit de la femme, qui, plus que les Apôtres, est citée dans les Évangiles ! Mariam de Magdala, bête noire de l’Église romaine, a mis deux mille ans pour rejaillir en pleine lumière, pour éclabousser le monde de son chatoiement féminin.
La trentaine passée, elle avait tout vécu : un amour fulgurant, une exaltation spirituelle, l’offense et le mépris des hommes. Elle avait secouru le prophète de tous les temps, à la barbe des légionnaires romains. Parcourant à pied, à dos de mule la Judée en tous sens pour écouter l’ineffable. Yeshoua disparu, il ne lui restait comme les autres qu’une mission à remplir : disperser le message à la surface de la Terre.
Voilà une femme mûre, entièrement consacrée à une mission, la meilleure apôtre du Christ, celle à qui il disait tout, qui comprenait tout, qui part en bateau, accoste en Gaule et se claquemure trente ans dans une grotte… L’Église de Rome bâillonne la mémoire de Mariam de Magdala, on la prive de parole, d’enseignement, on la rendit muette pour les siècles à venir. Elle ne peut être que repentante, pécheresse dans l’éternité… En elle se cristallisait toute la défiance de l’Église envers les femmes. Méfiance dont la société des hommes fait encore le choix. Soumise pour l’éternité ?
En vérité, qu’a-t-elle fait ? Qu’a-t-elle dit ? Pourquoi fallait-il vraiment qu’elle se taise ? L’Église de Rome n’avait-elle pas, dès le premier siècle, perverti à la fois l’Histoire et le Message afin de cacher l’Incroyable?
Mais cet « Incroyable » n’est pas une pâle copie des Évangiles, c’est une vision novatrice qui défie l’Histoire.
Il est des fictions qui narguent les mensonges !

 

Ce que j’en pense:

Divisé en trois parties qui correspondent à trois « régions » du monde où Mariam de Magdala évolue dans ce récit, l’Egypte, la Judée et la Gaule, ce roman, bien que traitant de christianisme, a pour personnage principal une femme. Grâce à Mariam de Magdala, autrement dit Marie-Madeleine, on découvre les prémices de ce nouveau courant religieux. Alors que l’Église en a fait une moins que rien, Christine Machureau décide de donner à cette femme de l’importance, de lui donner la parole alors qu’elle a si longtemps été muselée. Elle en fait une femme forte, indépendante, déterminée, parfois imprudente. Une femme amoureuse aussi, qui vouera sa vie entière à un seul homme, Yeshoua, plus connu sous le nom de Jésus, que l’autrice relègue dans un rôle secondaire. Tout au long de ce texte, on retrouve aussi un antisémitisme latent, et la crainte qui fait fuir ces juifs persécutés. C’est cette crainte qui fera que Mariam quittera l’Egypte pour la Judée, puis pour la Gaule, l’occasion pour le lecteur d’explorer différents modes de vie, différentes croyances.

Sans être croyante, je me suis laissée entraînée à la suite de Mariam, suivant le destin que lui avait choisi Christine Machureau avec enthousiasme et curiosité. J’ai eu plaisir à suivre les rencontres, les retrouvailles, mais aussi les séparations qui ponctuent ici son parcours. Le tout est d’une crédibilité stupéfiante, et on se prend à croire qu’il s’agit bien de la vie de Mariam de Magdala décrite dans ces pages. Après tout, pourquoi pas? Pourquoi une femme n’aurait-elle pas eu un tel rôle dans l’expansion du christianisme? En tout cas, le travail de recherche de l’autrice ne fait aucun doute, et les nombreuses notes sont les bienvenues. J’ai également apprécié de trouver en fin d’ouvrage une bibliographie qui permet au lecteur d’approfondir davantage le sujet.

Il y a cependant un détail qui m’a titillée tout au long du récit. Christine Machureau fait de Mariam de Magdala la sœur de Lazare et Marthe. Or, dans mes lointains souvenirs, Lazare et Marthe ont bien une sœur nommée Marie, mais qui est dite de Béthanie. Je sais aussi que les deux ont longtemps été confondues en une seule femme, alors qu’il semblerait qu’elles soient deux personnes bien distinctes. Bien sûr, il s’agit ici d’une fiction, et je ne me permettrai jamais de remettre en doute le travail d’un auteur, surtout vu mon faible niveau d’érudition, et en particulier en matière de religion. Aussi j’imagine que Christine Machureau (pour avoir eu l’occasion de la rencontrer une fois sur un salon du livre à Gaillac, je sais que c’est une personne passionnée) a fait un tel choix en connaissance de cause, peut-être justement parce que les deux ont longtemps été considérées comme étant une seule et même femme.

Un récit passionnant, offrant une vision intéressante de la manière dont le christianisme  a crû à ses débuts.

 

 

Édition présentée: Numeriklivres (17 Janvier 2017). ISBN/EAN13: 978-2-37733-015-7. Disponible sur support papier et numérique. 

 

Un grand merci aux éditions Numeriklivres pour cette découverte passionnante.

 

 

Pour aller plus loin:

Vous pouvez découvrir un extrait sur le site Numeriklivres.

Et pour suivre l’actualité de Christine Machureau, vous pouvez la suivre sur Facebook, Twitter .

 

 

 

 

 

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2 réflexions sur “La Femme d’un dieu, l’histoire oubliée d’un amour impossible (Christine Machureau)

  1. Je vous remercie pour votre analyse détaillée. La vie de Yeshoua (enfin celle à partir de sa crucifixion) est détaillée dans «L’ADN d’un Dieu». Je n’allais donc pas réïtérer l’histoire de ce personnage hors-normes. La Femme d’un Dieu est donc une histoire différente nécessairement puisqu’ils se quittèrent (Mariam et Yeshoua) vers l’âge de 30 ans.
    Encore merci. Doublement puisque vous êtes une des rares personnes à me parler bibliographie. Je mettrai demain une vision, la mienne, sur ma page face-book, de ce que doit être au minimum une bibliographie. Encore merci. Christine Machureau.

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