La Voleuse de livres (Markus Zusak)

Roman de l’écrivain australien Markus Zusak (23/06/1975 –    ), publié en 2005. La traduction française de Marie-France Girod est parue en 2007 aux éditions Oh!

 

 

Présentation de l’éditeur:

Quand la Mort vous raconte une histoire, vous avez tout intérêt à l’écouter.

Une histoire étrange et émouvante où il est question:

-d’une fillette;

-de mots;

-d’un accordéoniste;

-d’Allemands fanatiques;

-d’un boxeur juif;

-de vols.

 

 

Ce que j’en pense:

Ce roman se déroule durant la Seconde Guerre Mondiale, en Allemagne, et débute en 1939. On y suit Liesel Meminger, une jeune allemande qui se retrouve dans une famille d’accueil, les Hubermann. Au cours de la route qui la conduit à Molching, elle voit son petit frère mourir. Traumatisée, ses nuits seront hantées par ce souvenir durant des années. Âgée d’un peu moins de 10 ans à son arrivée dans cette ville imaginée par l’auteur, située près du camp de Dachau, le lecteur suit la jeune fille, durant plus de trois ans,avec le nazisme et son oppression en trame de fond, grâce à un narrateur assez inattendu, ou plus exactement une narratrice: la Mort elle-même. Il est vrai que la première et la quatrième de couverture nous préviennent, mais j’avoue que je ne pensais pas devoir prendre l’avertissement au pied de la lettre.

Je ne sais pas si c’est le côté détaché, presque blasé, de la narration, le fait que la Mort anticipe parfois sur les événements, nous donnant quelques détails avant de revenir en arrière dans le temps pour reprendre la chronologie de l’histoire de Liesel, ajoutant ainsi un certain réalisme à son récit, accentuant le côté conte oral, lui donnant même des airs de confession, mais cela m’a vraiment rendu Liesel sympathique, innocente, parachutée malgré elle comme tant d’autres dans les horreurs de cette guerre abominable. Elle ne comprend pas tout ce qui se passe, et les adultes autour d’elle tente de la protéger comme ils le peuvent. Mais parfois, la réalité lui saute au visage, la cruauté de certains se montre à elle dans toute sa laideur. Et pour s’évader, il lui reste les mots. Les mots dans les livres. Et son amitié avec Rudy Steiner, un garçon de son âge qui habite la même rue qu’elle.

Il est intéressant de voir comment l’auteur présente le pouvoir des mots, en montrant qu’un exemplaire de Mein Kampf finit couvert de mots remplis de poésie, de magie et d’espoir. Oui, les mots ont un grand pouvoir. Ils peuvent faire le Mal. Mais ils peuvent surtout faire le Bien. Les mots peuvent sauver. Ils sauveront Liesel.

Au fil de l’avancée du récit, on se rend compte que la narratrice est quelque peu attachée à la jeune fille, que son histoire l’a touchée malgré la distance qu’elle tente d’y mettre. Comment ne pas se laisser attendrir? Il y a, environ à la moitié du roman, au début de la sixième partie, un court chapitre intitulé « Journal de la Mort: 1942 », qui montre bien l’état d’esprit de la Mort. C’est un passage très sombre, qui met le doigt sur la cruauté humaine et qui, finalement, nous rend la Mort plus humaine que certains humains.

« QUELQUES PETITES VÉRITÉS

Je n’ai pas de faux, ni de faucille. 

Je ne porte une robe noire à capuche que lorsqu’il fait froid.

Et je n’ai pas cette tête de squelette que vous semblez prendre plaisir à m’attribuer. Vous voulez savoir à quoi je ressemble vraiment? Je vais vous aider. Allez chercher un miroir pendant que je poursuis. » (p.301)

 

« Et puis il y a la Mort. 

Moi, la narratrice.

Qui me fraie un chemin dans tout cela. 

En surface: imperturbable, impassible. 

En dessous: défaite, déconcertée, déboussolée. » (p.303)

 

Je dois dire que tout dans ce récit m’a touchée. Le contexte historique, le pouvoir guérisseur des mots, mais c’est surtout l’amitié entre Liesel et Rudy qui m’a le plus émue, et ces regrets de ne pas avoir su ou pu exprimer des sentiments si purs, si beaux, dans un monde qui peut être si sombre et cruel, un écho à mon propre vécu, à la fin bien moins tragique, cependant. Un roman qui m’a remué les tripes.

 

 

 

 

Édition présentée: France Loisirs (mars 2007). Titre original: The Book Thief. Traduit de l’anglais (Australie) par Marie-France Girod. ISBN/EAN13: 9782298000764.

 

Lecture faite dans le cadre de la lecture commune organisée par La Critiquante 

Retrouvez son avis ici.

 

Pour aller plus loin:

Le roman a été adapté par Brian Percival pour le grand écran. Le film est sorti en 2013, en France le 5 Février 2014. En voici la bande annonce:

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2 réflexions sur “La Voleuse de livres (Markus Zusak)

  1. Pingback: C’est le 1er, je balance tout (Juin 2017) – Des livres, des fils et un peu de farine…

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