Madame Bovary (Gustave Flaubert)

Publié sous forme de feuilleton en 1856, son auteur, le français Gustave Flaubert (12/12/1821 – 08/05/1880), est jugé en février 1857 pour « outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes mœurs ».

 

 

bovary

Quatrième de couverture:

Jamais Madame Bovary ne fut aussi belle qu’à cette époque… Ses convoitises, ses chagrins, l’expérience du plaisir et ses illusions toujours jeunes, comme font aux fleurs le fumier, la pluie, les vents et le soleil, l’avaient par gradation développée, et elle s’épanouissait enfin dans la plénitude de sa nature. Ses paupières semblaient taillées tout exprès pour ses longs regards amoureux où la prunelle se perdait, tandis qu’un souffle fort écartait ses narines minces et relevait le coin charnu de ses lèvres qu’ombrageait à la lumière un peu de duvet noir. 

 

Ce que j’en pense:

Voilà le genre de récit découvert trop jeune et dont je n’avais pas saisi alors toute la subtilité. Depuis ma lointaine scolarité, il prenait la poussière. Il fallait que ça cesse.

Emma Rouault, c’est cette jeune femme élevée au couvent, qui s’est gavée de romans sentimentaux et qui s’est construite sur cette base. Devenue Madame Bovary, Emma déchante. Elle s’attendait à mieux qu’un mari que la vie à la campagne satisfait largement. Elle s’attendait à plus de passion, à plus d’action. Alors quand d’autres hommes la courtisent, elle voit l’occasion de se sortir de son quotidien monotone. Ne regardant pas à la dépense, accumulant peu à peu les mensonges et des dettes considérables, elle se retrouve prise au piège, délaissée par des amants effrayés par son sentimentalisme, son seul moyen d’échapper à tout ça, c’est la mort.

Emma Bovary, certains la détestent. Sa vision de la vie, naïve, peut agacer. Mais c’est ainsi qu’elle pensait que c’était. « Se farcir la vie d’une bonne femme, c’est d’un chiant! » vous diront ces gens-là. Pour ma part, je l’aime bien, cette femme, qui va passer de désillusion en désillusion, confrontée à une banalité qu’elle n’imaginait pas, nourrie par ses romans à l’eau de rose. Et puis, il faut dire que Flaubert met un joli coup de pied dans la fourmilière grâce à Madame Bovary. Ce n’est pas pour rien si ce roman a fait l’objet d’un procès! Réfléchissez un peu: une femme mariée, qui ne s’occupe pas de son enfant, qui semble même oublier qu’elle en a un, qui n’hésite pas à mettre un peu de piquant dans sa vie en faisant de son mari, tout gentil qui ne veut que son bien, un cocu alors qu’elle a reçu une éducation religieuse, qui ne s’occupe même pas de faire le ménage ou la cuisine! Et le suicide? On en parle du suicide, gros tabou de cette époque religieuse? Vous l’aurez compris, Flaubert dresse ici la critique à peine déguisée d’une société qui fabrique, entre autres, des femmes naïves et prêtes à se faire embobiner par des baratineurs, qu’ils soient commerçants ou juste intéressés par les plaisirs de la chair. De plus, Madame Bovary aurait été inspirée à Flaubert par un fait divers: le suicide de Delphine Delamare.  Baser sa fiction sur la réalité pour donner plus de visibilité à cette dernière, étaler au grand jour ce qui aurait dû rester étouffé, secret, c’est là toute l’audace de Flaubert. Et ça s’est avéré payant, puisque Madame Bovary a été un succès et reste un classique incontournable.

Une relecture qui aura eu le mérite de me faire voir les choses avec plus de maturité!

 

Édition présentée: Folio (Septembre 1992).Préface de Maurice Nadeau. ISBN/EAN13: 9782070413119. Disponible sur support papier, numérique et audio.

 

 

Lecture faite dans le cadre du challenge Douze titres en 2017

12-titres-en-2017

Pour aller plus loin:

Vous pouvez télécharger le fichier numérique gratuitement, puisque l’oeuvre est libre de droits. Où le trouver? Par ici!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Une réflexion sur “Madame Bovary (Gustave Flaubert)

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