3 minutes 33 secondes (Esi Edugyan)

3 minutes 33 secondes est le deuxième roman de la Canadienne Esi Edugyan (1977 –  ). Publié en 2011, il a reçu le Prix Giller au Canada.

 

 

3 minutes 33 secondes

Présentation de l’éditeur:

Un disque de 3 minutes 33 secondes, c’est tout ce qu’il reste de ce temps-là. De ce Paris occupé où trois jazzmen planqués pour échapper aux nazis tentaient malgré tout d’enregistrer un morceau. Sid, Chip, et Hiero, deux Noirs de Baltimore et un métis allemand, unis le temps d’un enregistrement frondeur, au nez et à la barbe de l’ennemi. Avant, c’est à Berlin qu’ils jouaient, quand l’Amérique marquait le tempo des folles nuits européennes. Avant que Goebbels n’interdise cette «musique nègre» et qu’eux trouvent refuge en France et rencontrent le grand Armstrong. Mais, parfois, il ne faut guère plus de trois minutes pour qu’un destin bascule. Un regard enjôleur, une ligne de basse qui dérape, des papiers qui n’arrivent pas… Alors restent les souvenirs, ces moments hors du temps qui font le sel de la vie.
Dans ce roman émouvant et drôle, où fiction et réalité se confondent, Esi Edugyan brosse le portrait d’une époque, d’un milieu, d’une amitié, retrouvant les accents savoureux et le langage des musiciens noirs américains.

 

Ce que j’en pense:

Par un habile jeu de flash back, Esi Edugyan nous plonge dans la tourmente des années 1939-1940, à travers les yeux et la bouche de Sidney Griffiths, contrebassiste. En 1992, il retrouve son ami d’enfance, Charles C. Jones, dit Chip, batteur, et se rend au Hieronymus Falk Festival, événement en hommage au jeune trompettiste de leur ancien groupe, les Hot-Time Swingers, composé à l’origine de six musiciens, mais que la guerre va faire littéralement exploser.

Conservant le phrasé assez spécial des jazzmen de l’époque, on ressent cependant la peur, les doutes de ces hommes forcés de fuir à cause de leur couleur de peau. Dans leur fuite, ils feront des rencontres, qu’elles soient amoureuses, amicales, musicales, chacune aura son importance. L’ambition, la jalousie, le remord, tout cela aura aussi son rôle dans cette magnifique histoire d’amitié rendue fragile par la guerre et son atmosphère oppressante.

Je n’en dirai pas davantage, de peur de dévoiler certains éléments de l’intrigue. J’ai été un peu gênée par le style si particulier de narration, dû au souci de l’auteur de conserver la façon de parler de ces hommes. Mais l’histoire m’a tellement plu que je me suis accrochée. Je ne le regrette pas. Parce qu’à travers ce récit de jazzman, c’est une véritable immersion dans le cœur d’un homme. Une confidence. Une confession.

 

Édition présentée: Liana Levi (2013). Traduit de l’anglais par Michelle Herpe-Voslinsky. ISBN/EAN13: 9782867466625. Disponible en numérique.

 

 

Pour aller plus loin: 

Continuons notre découverte du jazz, avec quelques titres #EntenduDans ce roman, en pérennisant l’initiative de  @JoyeuxDrilleCdj sur Twitter.

 

Lecture faite dans le cadre du challenge Goodreads 2016 et du Club de Lecture VendrediLecture.

 

 

 

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