2084: La fin du monde (Boualem Sansal)

Publié le 20 Août 2015 aux éditions Gallimard (collection Blanche), il s’agit d’un roman de l’algérien d’expression française Boualem Sansal (15/10/1949-   ). Ce récit a reçu le Grand prix du roman de l’Académie française en 2015.

 

 

Présentation de l’éditeur:

L’Abistan, immense empire, tire son nom du prophète Abi, «délégué» de Yölah sur terre. Son système est fondé sur l’amnésie et la soumission au dieu unique. Toute pensée personnelle est bannie, un système de surveillance omniprésent permet de connaître les idées et les actes déviants. Officiellement, le peuple unanime vit dans le bonheur de la foi sans questions.
Le personnage central, Ati, met en doute les certitudes imposées. Il se lance dans une enquête sur l’existence d’un peuple de renégats, qui vit dans des ghettos, sans le recours de la religion…
Boualem Sansal s’est imposé comme une des voix majeures de la littérature contemporaine. Au fil d’un récit débridé, plein d’innocence goguenarde, d’inventions cocasses ou inquiétantes, il s’inscrit dans la filiation d’Orwell pour brocarder les dérives et l’hypocrisie du radicalisme religieux qui menace les démocraties.

 

Ce que j’en pense:

Les premières lignes de ce roman annonce la couleur:

 » La religion fait peut-être aimer Dieu mais rien n’est plus fort qu’elle pour faire détester l’homme et haïr l’humanité. »

Lire ce récit, dans le climat actuel, où certains hommes sèment la terreur au nom d’un dieu, c’est se projeter dans un avenir qui pourrait devenir le nôtre. C’est entrer dans une atmosphère anxiogène. Tout comme avec 1984 de George Orwell, c’est effrayant. Car, bien que l’auteur s’en défende dans un avertissement qui suit les lignes sus-citées, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec la réalité, de se dire que cela pourrait arriver. Comment ne pas parvenir à y croire quand l’avertissement finit ainsi:

« Dormez tranquilles, bonnes gens, tout est parfaitement faux et le reste est sous contrôle. »

En Abistan, tout est fait pour contrôler les foules. Même la langue a été appauvrie pour limiter la pensée. Les gens sont de parfaits moutons, à qui l’on pourrait faire croire que l’abattoir est un magnifique pâturage et qui s’y rendraient avec joie. Bien que tout cela fasse peur, il ne faut pas tomber dans la paranoïa. Comme Ati, il faut cesser d’être un mouton, penser par soi-même et se demander comment et pourquoi tout cela est possible. Et éviter qu’un tel scenario ne se produise.

Un roman qui pousse à la réflexion sur nos libertés et sur les influences que nous subissons de toutes parts.

« Quel meilleur moyen que l’espoir et le merveilleux pour enchaîner les peuples à leurs croyances, car qui croit a peur et qui a peur croit aveuglément » (page 28)

« C’est son regard qui attira celui d’Ati, c’était le regard d’un homme qui, comme lui, avait fait la perturbante découverte que la religion peut se bâtir sur le contraire de la vérité et devenir de ce fait la gardienne acharnée du mensonge originel. » (page 74)

Édition présentée: Gallimard, collection Blanche (20 Août 2015). ISBN/EAN 13: 9782070149933. Disponible en numérique et en audio.

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3 réflexions sur “2084: La fin du monde (Boualem Sansal)

  1. Je lirai ce roman dès qu’il sortira en poche. J’ai entendu plusieurs interviews de l’auteur, et c’était très intéressant. L’idée d’un « 1984 » « actualisé » en quelque sorte, en fonction des problèmes que nous connaissons, m’a paru très intéressante dès que le roman est sorti. C’est aussi très inquiétant, car quand on relit « 1984 », on se rend compte que beaucoup de « prédictions » de George Orwell se sont réalisées. D’ailleurs, il me parait essentiel de faire lire « 1984 » aux jeunes, tout comme « Le meilleur des mondes » d’Aldous Huxley. Cela devrait être obligatoire au lycée. Histoire d’aiguiser un peu leur esprit critique… mais on préfère trop souvent appauvrir la langue…tous ces intellectuels, y compris Boualem Sansal, ne s’y sont pas trompés !

    • Il serait dommage de passer à côté, en effet. En parlant d’appauvrissement de la langue, c’est un des « éléments » avancés par Boualem Sansal.

  2. Pingback: Dans ma Pile à Lire – Février 2016 – Des livres, des fils et un peu de farine…

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