Les infortunes de la vertu (Sade)

Les infortunes de la vertu a été écrit entre le 23 juin et le 8 juillet 1787 par le français Donatien Alphonse François de Sade (02/06/1740 – 02/12/1814) durant l’un de ses séjours en prison. Il s’agit du récit qui a servi de base à Justine ou les Malheurs de la vertu, publié en 1791 et à La Nouvelle Justine ou les Malheurs de la vertu, publié en 1799. Nous devons la découverte de ce manuscrit à Guillaume Apollinaire qui l’a mis à jour au début du XXème siècle. Sa publication date de 1930.

 

infortunes de la vertu - Sade

Résumé: 

Justine, orpheline élevée au couvent, a su resté pure et innocente malgré sa pauvreté et est le parfait contraire de sa sœur Juliette qui est devenue courtisane. La vie les sépare, puis les réunit à nouveau. Justine conte à sa soeur (ignorant qui elle est), son parcours « vertueux » semé d’embûches, d’épreuves toutes plus dégradantes les unes que les autres.

 

 

Ce que j’en pense: 

Je n’avais jamais lu Sade. Je ne connaissais que de réputation le côté érotico-violent de son oeuvre. Et je dois dire qu’avec ce récit, bien qu’il soit une version « édulcorée », on est déjà bien servi! Sade démontre que le vice profite toujours mieux que la vertu, et qu’il faut laisser libre cours à ses instincts, même si ici, beaucoup relèvent de la méchanceté.

Sade en profite également pour critiquer la religion, notamment à travers le Marquis de Bressac:

 « […] ce dieu que tu admets n’est que le fruit de l’ignorance d’un côté et de la tyrannie de l’autre; quand le plus fort voulut enchaîner le plus faible, il lui persuada qu’un dieu sanctifiait les fers dont il l’accablait, et celui-ci abruti par sa misère crut indifféremment ce que l’autre voulut. »

Mais aussi en mettant en scène des moines s’adonnant au vice avec avidité. Je trouve d’ailleurs que de tous les tortionnaires de Justine/Sophie, ce sont les pires!

Sade donne une vision de la femme en tant qu’objet, dont on se sert pour assouvir ses pulsions et qui ne semble pas être utile à autre chose. Cette misogynie, et cette violence faite aux femmes, qu’elle soit physique ou psychologique, nous éclaire sur la vision de l’auteur. Il est difficile de penser qu’un homme écrivant de telles choses sur les femmes n’en ait pas tenté quelques unes. Après cette lecture, je ne peux m’empêcher de voir cet homme comme un monstre dépravé.

Un récit effrayant qui fait malheureusement écho à l’actualité.

 

Édition présentée: Maxi poche collection classiques français (2000), ISBN/EAN13: 9782877141611. Disponible en numérique (libre de droits)(télécharger)

 

Lecture faite dans le cadre du challenge Goodreads

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