Histoire de Jean-l’ont-pris (Joan Batista Favre)

Ce cours roman a été écrit en occitan par le français Joan Batista Favre (28/03/1727 – 06/03/1783). Ce récit existe en deux versions, écrites respectivement en 1756 et 1765. L’ouvrage présenté ici est une traduction depuis l’occitan (languedocien) de Jules Troubat à partir d’une version publié en 1877.

Présentation de l’éditeur:

Nous sommes dans la Vaunage, près de Nîmes au XVIIIe siècle. Jean l’ont-pris, de retour d’enterrer sa femme, et tout à sa joie de l’avoir fait, va raconter son histoire à un gentilhomme croisé par hasard. Dans une langue savoureuse et pleine d’humour, Joan Batista Favre nous conte cette vie truculente, pleine de turpitudes, où sournoiserie et malhonnêteté sont les maîtres-mots. Un des chefs-d’oeuvres des lettres d’oc.

Extrait : « Je vous dirai, monsieur, que je suis né à Solorgues, non pas d’une grande, grande famille, si vous voulez, mais assez passable pour l’endroit. Mon père s’y installa, et y leva boutique de ressemeleur avec l’approbation des puissances, c’est-à-dire du consul, du maréchal et d’un capucin, qui venait y faire tous les ans la quête de l’huile. Il s’y fit tant chérir, tant admirer, enfin il fit si bien qu’il vint à bout de ses désirs et qu’il s’y maria avec une bâtarde du chirurgien de Calvisson. La mère et la fille vivaient là retirées comme deux petites vierges, et des gens dignes de foi m’ont assuré que ma mère était alors la plus gaillarde fille qu’il y eût dans tout le pays. Elle s’appelait Margot, et mon père, devant Dieu soit-il, portait le nom de Truquette. Pour moi, il m’est arrivé comme aux enfants de noblesse qui ne portent pas le nom de leur famille. Je m’appelle Jean-l’ont-pris : non pas que ce soit le nom d’une terre, car, excepté un plein vase où ma mère tenait du basilic sur une fenêtre, mes parents, quand je naquis, ne possédaient pas une pelletée de terre en propre. Mais dans la suite je vous expliquerai d’où me vient ce nom, qui m’est toujours resté depuis. Suivons les choses par leur fil. »

Ce que j’en pense:

Je tiens tout d’abord à remercier les éditions Caillon-Dorriotz pour leur confiance.

Jean-l’ont-pris est le narrateur de ce récit. Il conte sa vie à un baron rencontré sur la route et qui s’interroge de le voir plein de gaieté alors qu’il est tout de noir vêtu et visiblement en deuil. Nous apprenons ainsi comment ses parents, Truquette et Margot se sont rencontrés, comment il a été élevé par sa grand-mère à partir de l’âge de trois ans et comment il s’est formé à l’école de la vie. Après chaque malheur, Jean-l’ont-pris a su rebondir pour aller de l’avant.

Avec beaucoup d’humour, nous découvrons les mœurs d’alors, teintés de violences conjugales, de vols et de bastonnades, mais aussi de témoignages et de silences achetés ( » Dites, messieurs, avez-vous vu l’affaire, et pouvez-vous me servir de témoins, en payant? »), de mensonges et de ruse. D’ailleurs, le baron en tire cette morale:

 » Je t’ai pourtant obligation de m’avoir éclairé en bien des choses sur le caractère et les mœurs des paysans. Les malotrus! qui dirait que, sous les dehors de la simplicité la moins suspecte, ils fussent capables de la malice la plus réfléchie et la plus profonde! »

Un récit drôle et divertissant qui nous renseigne sur la société du sud de la France de la fin du XVIIIème siècle.

Édition présentée: Caillon-Dorriotz (2015). Traduit de l’occitan (languedocien) par Jules Troubat. ISBN: 978-2-37394-002-2. Disponible en numérique (télécharger)

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