Le roi disait que j’étais diable (Clara Dupont-Monod)

Publié le 20 Août 2014 aux éditions Grasset, le roi disait que j’étais diable est le septième roman de la française Clara Dupont-Monod (07/10/1973-  ).

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Présentation de l’éditeur:

Depuis le XIIe siècle, Aliénor d’Aquitaine a sa légende. On l’a décrite libre, sorcière, conquérante : « le roi disait que j’étais diable », selon la formule de l’évêque de Tournai…
Clara Dupont-Monod reprend cette figure mythique et invente ses premières années comme reine de France, aux côtés de Louis VII.
Leurs voix alternent pour dessiner le portrait poignant d’une Aliénor ambitieuse, fragile, et le roman d’un amour impossible.
Des noces royales à la seconde croisade, du chant des troubadours au fracas des armes, émerge un Moyen Age lumineux, qui prépare sa mue.

Ce que j’en pense:

Ah! Aliénor d’Aquitaine! Une figure du Moyen Âge que j’apprécie beaucoup! Alors il était évident pour moi de découvrir ce récit sur l’enfant du trobar. Reine de France, puis Reine d’Angleterre, mère de Richard Coeur de Lion, Jean sans Terre et Marie de Champagne, elle est une figure historique incontournable. Et suivant actuellement un cours en ligne sur les troubadours, cette lecture s’est imposée naturellement.

L’originalité de cet ouvrage réside peut-être dans la narration. En effet, plutôt que suivre la duchesse d’Aquitaine d’un point de vue externe, Clara Dupont-Monod a décidé de nous présenter Aliénor et toute sa fougue de son propre point de vue, ainsi que de celui de Louis VII de France, son premier époux. Chacun s’exprime, nous faisant découvrir leurs impressions sur l’autre, leurs sentiments, les pensées de chacun s’imbriquant dans celles de l’autre, nous faisant avancer chronologiquement. Ici, Aliénor apparait hautaine, fière, déterminée, sûre d’elle, alors que son mari apparait réservé, timide, ayant besoin de conseillers et très pieux. Là où Aliénor s’amuse et écoute les chansons de Marcabru, choque par sa façon d’être et ses habitudes du Sud, comme ses tenues très colorées ou sa chevelure libre, Louis se réfugie dans la prière. Là où Aliénor n’est qu’action et violence, Louis est passivité et mollesse. Par sa détermination, elle va parvenir à faire fléchir Louis et à lui faire dissoudre le mariage de Raoul de Vermandois afin que sa soeur puisse l’ épouser. Cet épisode va créer un conflit avec le frère de l’épouse délaissée, Thibaut de Blois, contre lequel Aliénor va pousser Louis à combattre. Puis vient la seconde croisade, où la bataille d’Antioche et son échec cuisant vont être un facteur déterminant dans la rupture de leur mariage, en plus de leur divergence d’opinion et façon d’être. Cette dernière partie concernant la seconde croisade voit apparaitre un nouveau point de vue, celui de l’oncle d’Aliénor, Raymond. Nous ne le quitterons plus jusqu’à la fin de l’ouvrage.

Ainsi Clara Dupont-Monod fait parler Aliénor:

« Comme chez moi, le seigneur festoie avec ses gens. Les filles aiment qui elles veulent. L’amour n’est ni un devoir ni un péché. Elles dansent au nez de leurs maris. Personne ne les juge. Les seigneurs, ce sont elles. Elles décident, s’imposent, et l’homme attend. C’est ce pouvoir que chantait mon grand-père. C’est cette liberté que je retrouve ici, enveloppée de santal, que je transmettrai à Marie, cette liberté que le pays du Nord n’a jamais comprise. »

Il est difficile de se faire une opinion sur cette Dame. Clara Dupont-Monod a pris le parti de nous la montrer fière, hautaine, dépensière, une personnalité toute en action, vive, déterminée, et donc pas toujours sous son meilleur jour! Bien sûr, le fait qu’elle soit une personnalité importante de l’Histoire fait que l’on a tendance à l’idéaliser. Ici, on retourne sur Terre et on apprend à la connaître avec ses éventuels défauts.

Un roman superbe, mais j’ai trouvé dommage que l’auteur arrête son récit au moment de la séparation d’Aliénor et Louis VII. J’espère que la suite de la vie de cette figure emblématique verra le jour sous la plume de Clara Dupont-Monod, dont j’ai beaucoup aimé le style.

 Édition présentée: Grasset (2014). Édition numérique. ISBN: 978-2-246-85386-2.

Lecture faite dans le cadre du challenge Goodreads

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5 réflexions sur “Le roi disait que j’étais diable (Clara Dupont-Monod)

    • Aliénor est une personne qui me fascine. La période à laquelle elle vécut, les débuts du trobar et de l’amour courtois m’attirent particulièrement. J’avais peur de tomber sur quelque chose d’un peu fade, et je suis finalement conquise par ce roman!

  1. Je trouve au contraire qu’arrêter le roman à la séparation des époux fait sens : Clara Dupont-Monod nous a présenté la première vie de la reine, il y a tant qui suivent que cela mériterait d’autres romans, mais qu’il fallait aussi savoir arrêter le premier. 🙂

    • C’est vrai! Son divorce est un tournant dans sa vie, mais aussi dans l’Histoire. Je ne souhaite qu’une chose, c’est que Clara Dupont-Monod écrive sur le reste de sa vie, qui est tout aussi intéressante! Se révolter avec ses fils face à son mari, fallait oser à l’époque!

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